- Le ministère de la Santé de Gaza affirme que la fermeture entraîne une accumulation dangereuse de cas critiques et un allongement des listes d’attente pour des soins à l’étranger

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Gaza : la fermeture prolongée du point de passage de Rafah aggrave la crise sanitaire

ISTANBUL (AA)

Israël maintient fermé le point de passage terrestre de Rafah depuis une deuxième semaine, empêchant des patients de quitter la bande de Gaza pour se faire soigner à l’étranger et provoquant une « accumulation dangereuse » de cas critiques, a déclaré jeudi le ministère de la Santé de Gaza.

Dans un communiqué, le ministère a averti que la fermeture prolongée avait entraîné une « accumulation dangereuse et en rapide augmentation de cas critiques », tandis que les listes d’attente pour des soins à l’étranger s’allongent chaque jour.

Il a indiqué que le nombre de personnes en attente d’évacuation dépassait largement la capacité des hôpitaux de Gaza, dont le système de santé est en dégradation et soumis à un blocus, à les accueillir ou à leur fournir même les soins les plus élémentaires.

Le ministère a qualifié la poursuite de la fermeture de « grave violation du droit international humanitaire et de privation délibérée du droit aux soins des patients et des blessés ».

Il a appelé les parties concernées à « exercer une pression sérieuse et urgente sur Israël afin de rouvrir le point de passage de Rafah et tous les autres points de passage, et de faciliter le départ des patients dans un état critique pour qu’ils puissent recevoir des soins à l’étranger ».

Cette fermeture intervient alors que plus de 20 000 patients et blessés à Gaza attendent une évacuation pour être soignés à l’étranger, dans un contexte de graves pénuries de médicaments, d’équipements médicaux et de services spécialisés, après la destruction du système de santé de l’enclave par Israël lors de sa guerre qualifiée de génocidaire.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, plus de 1 344 patients sont morts faute d’avoir pu accéder aux soins depuis l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu, le 10 octobre 2025.

Le 2 février 2026, Israël avait rouvert le point de passage de manière limitée, permettant à un petit nombre de patients et de blessés de quitter Gaza sous des restrictions strictes.

D’après les statistiques du ministère de la Santé, 2 480 patients et blessés ont quitté Gaza par ce point de passage entre le 2 février et le 2 septembre.

Cela représente une moyenne d’environ 12 patients et blessés par jour, contre les modalités convenues, qui prévoyaient le départ quotidien de 50 patients accompagnés de 50 personnes.

Selon les chiffres du ministère de la Santé datant d’octobre 2025, les opérations militaires israéliennes ont détruit ou rendu inutilisables 25 des 38 hôpitaux de Gaza, laissant 13 établissements partiellement opérationnels dans des conditions difficiles.

L’armée israélienne a également détruit 103 des 157 centres de soins de santé primaires de l’enclave durant la guerre qualifiée de génocidaire, tandis que les 54 autres continuaient de fonctionner partiellement.

Les violations du cessez-le-feu par Israël avaient fait 1 501 morts et 5 323 blessés palestiniens à la date de lundi, selon le ministère de la Santé de Gaza.

Depuis octobre 2023, plus de 74 000 Palestiniens ont été tués et plus de 175 000 autres blessés dans la bande de Gaza lors de la guerre menée par Israël, tandis qu’environ 90 % des infrastructures de l’enclave ont été endommagées ou détruites.

*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir

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