- Dans deux communiqués distincts, les sections CGT et CFDT de France Télévisions critiquent la couverture des manifestations lycéennes par France 2. La CFDT annonce qu’elle saisira la commission déontologie

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France Télévisions: la CGT et la CFDT dénoncent le traitement par France 2 des manifestations lycéennes et du 17 octobre

AA / Istanbul / Mariem Njeh

Les sections CGT et CFDT de France Télévisions ont publié deux textes qui visent le traitement des manifestations lycéennes par France 2. Les deux syndicats contestent en particulier une séquence intitulée « Au cœur des violences » et le montage d’une intervention de le chef de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

Dans son communiqué intitulé « Sous les pavés, la propagande ! », la CGT vise le 20h de France 2 du 18 octobre. Elle y dénonce « un clip de propagande » qui « décrédibilise les manifestants du 17 octobre » et évoque « 12 minutes d’images de casse jusqu’à la nausée ». Le syndicat regrette que les manifestants n’y aient pas exposé leurs revendications : « Tant pis pour les revendications des manifestants, on ne les entendra pas ».

La CGT conteste aussi l’enchaînement qui précède l’intervention de Jean-Luc Mélenchon. Selon elle, la journaliste annonce, après quatre minutes d’images de violences : « A quelques mètres de là, dans une ambiance bon enfant, entouré de jeunes qui manifestent dans le calme, Jean-Luc Mélenchon analyse la situation ». Le leader insoumis répondait pourtant, affirme le syndicat, « à une question sur les revendications des manifestations, et non sur la violence et les casseurs ». Il y voit « un contre-sens évident » et « un procédé grossier et malhonnête qui fait honte à la profession ».

Le syndicat écrit se « désolidariser complètement de ce JT de désinformation, porte-parole du ministre de l’Intérieur ». Il précise que le 20h week-end « ne représente en aucun cas l’opinion de l’ensemble des journalistes de France Télévisions ». Il conclut : « toute l’équipe du 20h du 18 octobre a failli et doit démissionner ». La CGT attend par ailleurs « des réponses claires du directeur de l’information ».

De son côté, la CFDT France Télévisions, dans un tract intitulé « Tout feu, tout flamme », estime que l’édition spéciale « violences » de France 2 a franchi « une ligne rouge déontologique ». Sur les 48 minutes d’émission hors allocution présidentielle, « moins de deux minutes ont été consacrées aux revendications lycéennes et aux plus de 600.000 manifestants dans les rues de France », « selon nos comptes ». Le syndicat précise ne pas critiquer les équipes de reportage, mais « les choix éditoriaux, les angles des sujets, les « commandes » qui ont pu leur être passées ».

À propos de la séquence Mélenchon, la CFDT écrit : « Soit le montage est mal foutu, soit il est orienté. Dans les deux cas, c’est très grave. » Elle cite aussi deux décomptes extérieurs : celui d’Acrimed, selon lequel le traitement des « violences » a été « neuf fois plus important » que celui des causes et revendications sur les journaux de 13h et 20h de France 2 du 28 septembre au 1er octobre, et celui d’Arrêt sur images sur franceinfo le 13 octobre, où les lycéens auraient eu 13 minutes 16 secondes d’antenne, soit 1,38 %.

La CFDT indique qu’elle posera ces points en commission déontologie. Elle réclame « une information équilibrée, froide, vérifiée, de l’analyse, du recul ».

Les deux communiqués ne comportent aucune réaction de France Télévisions.

Depuis mi-septembre 2026, des lycéens se mobilisent contre les conditions dégradées dans l’Éducation nationale en France. Le mouvement a pris de l’ampleur et a été soutenu par des organisations lycéennes/étudiantes et une intersyndicale de l’Éducation.

Le 17 octobre 2026 a été une journée de mobilisation nationale plus large. Elle a rassemblé lycéens, étudiants, militants syndicaux (notamment CGT et Solidaires), et des « gilets jaunes » autour de revendications sur la « vie chère » et les services publics, en particulier l’école.

Cette journée a été marquée par d’importantes violences en marge des cortèges dans de nombreuses villes : incendies, pillages de commerces, attaques de bâtiments publics (mairies, préfectures), barricades et affrontements.

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