- La députée européenne de La France insoumise (LFI) a appelé l’exécutif à présenter des mesures concrètes pour répondre aux demandes des lycéens, plutôt qu’à organiser une rencontre sans annonces politiques

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France : Manon Aubry dénonce le mépris du pouvoir envers les lycéens et défend le droit de manifester contre le RN

AA / Istanbul / Sanaa Amir

Manon Aubry dénonce le « mépris » du pouvoir envers les lycéens et défend le droit de manifester contre le RN.

La députée européenne de La France insoumise (LFI), Manon Aubry, a dénoncé vendredi le « mépris » du pouvoir envers les revendications des lycéens et défendu le droit de manifester contre le Rassemblement national (RN), à la veille du congrès du parti prévu à Orléans, dans un contexte de tensions et de craintes de troubles à l’ordre public.

S’exprimant lors de l’émission « Le 7h40 », diffusée ce vendredi 23 octobre sur le plateau de Canal 16, Manon Aubry a estimé que la rencontre prévue dans la journée entre le président Emmanuel Macron et des représentants lycéens à l’Élysée constituait une initiative tardive.

« Il était temps, ça fait un mois que ce mouvement a démarré. Ni le Premier ministre, ni le président de la République n'avaient daigné rencontrer les organisations lycéennes, entendre leurs revendications, les dix milliards d'investissements qu'ils demandent dans l'éducation nationale, les professeurs non remplacés, l'abrogation de Parcoursup. Tout ça c'était méprisé par le pouvoir en place », a-t-elle déclaré.

La députée européenne a également critiqué le manque de coordination au sommet de l’État, évoquant les propos tenus la veille par le Premier ministre Sébastien Lecornu.

« Et j'observe qu'il y a une dissonance cognitive à la tête de l'État parce que quand on a vu le Premier ministre Sébastien Lecornu hier, t'es même pas au courant que le président de la République allait rencontrer les organisations lycéennes.

Et il nous a dit, oui, je les rencontre lundi, on verra si j'ai des choses à annoncer. »

Manon Aubry a appelé l’exécutif à présenter des mesures concrètes pour répondre aux demandes des lycéens, plutôt qu’à organiser une rencontre sans annonces politiques.

« Bon, manifestement, quand on veut accélérer, c'est possible d'accélérer. Mais il suffit pas de les voir comme on nous a vu hier. Il faut des propositions politiques. Et elles sont connues, les revendications des lycéens. Donc je me demande ce que le pouvoir attend pour y donner suite parce qu'il y a un certain nombre d'entre elles qui sont connues depuis longtemps. Je veux dire quand vous avez une heure sur dix qui n'est pas remplacée. Mais moi je souhaite qu'ils viennent avec des annonces à faire, pas une forme de cérémonage, de leçon de morale aux organisations lycéennes comme s'ils n'étaient pas capables par ailleurs de penser par eux-mêmes »

- « Il faut pouvoir manifester pour défendre aussi ce droit de manifester »

Interrogée sur les manifestations annoncées à Orléans contre le congrès national du Rassemblement national, prévu samedi et dimanche, Manon Aubry a défendu la liberté de manifester, malgré les risques de troubles à l’ordre public évoqués par le préfet du Loiret et le maire de la ville. Jusqu’à 30 000 opposants pourraient se mobiliser, selon les estimations évoquées au cours de l’émission.

Alors que la question de l’opportunité de cette mobilisation dans un contexte de tensions a été soulevée, la députée européenne a contesté l’idée de renoncer à une manifestation autorisée.

« Maintenant, non seulement ils interdisent la plupart des manifestations dans le pays, ils décident qui a le droit d'organiser une manifestation ou non, le pouvoir en place. Mais en plus quand elles sont autorisées, il faudrait y renoncer. C'est extrêmement grave. Ce n'est pas possible dans notre pays d'avoir des manifestations pour dénoncer. »

Manon Aubry a par ailleurs rejeté toute comparaison entre les rassemblements organisés contre le RN et ceux qui pourraient viser La France insoumise lors de ses propres événements politiques.

« Mais vous savez, nous la différence, la différence c'est qu'on banalise pas l'extrême droite dans notre pouvoir. L'extrême droite c'est la préférence nationale. Et donc ça défend un accès au logement en fonction des origines, l'interdiction des postes à responsabilité dans la fonction publique si vous êtes des binationaux. L'extrême droite c'est ça. L'extrême droite c'est aussi le racisme, l'antisémitisme. Vous avez vu Jordan Bardella qui a été épinglé par vos confrères de Mediapart pour un certain nombre de propos antisémites. Donc moi je ne suis pas prête à banaliser cette force politique comme l'ont fait les macronistes ces dernières années. »

Elle a enfin insisté sur la nécessité de préserver le droit de manifester, qu’elle estime fragilisé dans le contexte actuel.

« Et oui c'est la liberté de pouvoir manifester dans notre pays. Je sais qu'en ce moment elle est terriblement remise en cause. Et donc peut-être plus que jamais il faut pouvoir manifester pour défendre aussi ce droit de manifester. Et cette mobilisation à Orléans, je vous disais, elle revêt aussi une nouvelle tournure dans le contexte que l'on connaît pour défendre la liberté constitutionnelle à manifester. »

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