- « Les journalistes ne sont pas des cibles. Ni la défiance ni la colère ne peuvent justifier la violence ou les tentatives d’entraver leur travail », a déclaré Laure Chauvel, responsable du bureau France de RSF

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France/Manifestations : LDH demande à l’ONU une mission d’observation, RSF dénonce des violences contre des journalistes

AA / Istanbul / Mariem Njeh

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) a saisi le Comité des droits de l’enfant de l’ONU et appelé le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme à effectuer une mission d’observation des manifestations en France, selon un communiqué daté du 22 octobre.

Selon la LDH, le ministre de l’Intérieur a annoncé le déploiement, le 24 octobre, de 500 militaires de l’opération « Sentinelle », ainsi que de la BRI, du Raid et du GIGN. L’organisation souligne que ces unités ne sont pas formées au maintien de l’ordre en milieu manifestant. Elle affirme que l’emploi d’armes dites « sublétales » a déjà provoqué des mutilations et estime que le gouvernement n’a apporté aucune réponse aux revendications des mouvements lycéens, étudiants et sociaux. Elle l’appelle à apporter des réponses « de nature politique », dont un objectif est aussi la désescalade. « Il ne peut pas employer l’armée contre sa population », écrit-elle.

De son côté, Reporters sans frontières (RSF) a recensé une trentaine de journalistes victimes de violences ou empêchés de travailler depuis le début de la dernière vague de manifestations en France, dont plus de la moitié le 17 octobre, notamment à Nantes, Grenoble, Paris, Lyon et Marseille. Selon l’ONG, ces faits ont été commis par des membres des forces de l’ordre, des manifestants et d’autres individus.

L’organisation a cité des tirs de lanceurs de balles en caoutchouc, des grenades de désencerclement, des coups, des menaces, ainsi que du matériel endommagé ou confisqué. Selon RSF, ces atteintes au droit d’informer ont été commises par des membres des forces de l’ordre, des manifestants et d’autres individus.

RSF a estimé que ces faits illustrent la persistance de pratiques policières contraires au Schéma national du maintien de l’ordre (SNMO), qu’elle avait déjà critiquées, ainsi qu’une hostilité croissante envers les médias.

RSF appelle les autorités à enquêter sur ces incidents et à garantir la sécurité des journalistes sur le terrain.

« Les journalistes ne sont pas des cibles. Ni la défiance ni la colère ne peuvent justifier la violence ou les tentatives d’entraver leur travail », a déclaré Laure Chauvel, responsable du bureau France de RSF, qui a appelé à des enquêtes pour identifier et sanctionner les responsables et à garantir la sécurité des reporters sur le terrain.

La LDH a par ailleurs apporté son soutien aux mouvements lycéens et étudiants ainsi qu’aux syndicats appelant à la grève le 5 novembre.

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