- Depuis Doha, le président français a dénoncé une « manipulation étrangère de l'information » après les violences du 17 octobre, tout en estimant que les mesures de sécurité déjà mises en place étaient suffisantes
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
Le président français Emmanuel Macron a estimé mercredi que la situation en France ne nécessitait pas l'instauration de l'état d'urgence, malgré les violences survenues lors des manifestations du 17 octobre, tout en dénonçant les « commentaires inacceptables et stupides » de dirigeants étrangers sur les événements.
S'exprimant depuis Doha, au Qatar, le chef de l'État a défendu les mesures prises par les autorités françaises pour rétablir le calme, notamment les couvre-feux ciblés, les interdictions de rassemblement dans certaines villes et les enquêtes en cours.
« Il faut savoir raison garder. Tout ce que je vous ai dit et qui permet d'ailleurs de retrouver le calme depuis lundi n'a pas besoin d'état d'urgence », a-t-il déclaré.
Emmanuel Macron a également dénoncé ce qu'il considère comme une campagne de désinformation menée depuis l'étranger, après la diffusion de déclarations et d'images trompeuses sur les réseaux sociaux à la suite des manifestations.
« Pour moi, il n'y a pas d'ingérences étrangères visibles dans les événements qui se sont passés. Par contre, il y a une manipulation étrangère de l'information qui a donné lieu à des commentaires inacceptables et stupides de la part de beaucoup, y compris de dirigeants étrangers », a-t-il affirmé.
Le président français a notamment évoqué la circulation d'images générées par intelligence artificielle, présentées comme illustrant les violences en France.
« On a vu des images d'IA montrant des scènes qui ne se sont jamais passées en France », a-t-il souligné.
Sans les nommer explicitement, Emmanuel Macron a ainsi visé des dirigeants étrangers, notamment le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, qui ont récemment commenté les troubles survenus dans l'Hexagone.
Donald Trump avait affirmé que la France était « prise d'assaut, pillée et incendiée par des migrants, des jihadistes et des communistes », tandis que Benyamin Netanyahu avait estimé que le pays avait « cédé à l'invasion de l'islam extrémiste ».
Le chef de l'État français a dénoncé des responsables étrangers qui « font campagne sur le dos de la France ».
« Tous les gens qui parlent mal de notre pays en ce moment, ce sont des gens qui n'aiment pas la France. Ces gens m'indisposent ! », a-t-il lancé.
Reconnaissant les difficultés auxquelles le pays est confronté, Emmanuel Macron a néanmoins assuré que les autorités géraient la situation « avec méthode, respect, détermination et fermeté ».
« On a des difficultés, mais on les gère avec méthode, respect, détermination et fermeté (...) mais il ne faut pas raconter n'importe quoi », a-t-il insisté.
Ces déclarations interviennent après les manifestations du 17 octobre, marquées par des violences, des dégradations et de nombreuses interpellations dans plusieurs villes françaises, conduisant le gouvernement à renforcer les dispositifs de sécurité.
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