- « À partir de 15h30, les policiers nationaux ont commencé à manquer de munitions pour pouvoir empêcher ces groupes ultra-violents de venir vers le centre-ville et vers l'hôtel de ville », déclare le maire
AA / Istanbul / Mariem Njeh
Le maire de Limoges, Guillaume Guérin, a imputé dimanche à un manque de moyens des forces de l’ordre l’incendie de l’hôtel de ville, survenu la veille en marge d’une manifestation, affirmant que le sinistre « aurait pu être évité ».
Au cours d’un entretien télévisé sur TF1, l’élu a déclaré qu’à partir de 15h30 les policiers nationaux auraient commencé à manquer de munitions pour empêcher des groupes qu’il qualifie d’« ultra-violents » de remonter vers le centre-ville. Selon lui, ces groupes, des « Black Blocs », étaient jusque-là circonscrits sur les boulevards, dans la partie basse de la ville.
« À partir de 15h30, les policiers nationaux ont commencé à manquer de munitions pour pouvoir empêcher ces groupes ultra-violents de venir vers le centre-ville et vers l'hôtel de ville. L'hôtel de ville aurait dû être protégé, c'est ce qui était prévu initialement », déclare le maire.
Guérin a affirmé s’appuyer sur « les propos rapportés » par la direction locale de la police nationale, par des policiers ayant fait face aux casseurs, et sur des « aveux » de la préfecture. Il a ajouté que la protection de l’hôtel de ville était « prévue initialement », mais qu’elle aurait fait défaut faute de moyens. « Ça, c’est inacceptable », a-t-il dit.
Le maire a évalué à 5 000 le nombre de manifestants en début d’après-midi, dont 600 à 700 individus qu’il décrit comme cagoulés et équipés pour affronter les forces de l’ordre. Il a distingué ces derniers des manifestants pacifiques, dont il a dit ne pas avoir à commenter les revendications.
Guérin a également affirmé que, lors de l’intrusion dans l’hôtel de ville, des élus et des agents municipaux ont été menacés de mort, citant les propos « on va te crever, vous allez tous cramer ».
L’édile a appelé à « changer de doctrine » vis-à-vis des Black Blocs et réclamé au gouvernement « un plan particulier pour Limoges », en soulignant que le bâtiment abrite notamment le service funéraire et l’état civil. Faute d’un tel plan, la majorité du conseil municipal démissionnerait, a-t-il averti.
« J'ai besoin de reconstruire cet hôtel de ville au plus vite et j'attends un plan particulier pour Limoges. Et si je ne l'ai pas, je vous le dis, la majorité de ce conseil municipal démissionnera pour faire un symbole, parce que ce n'est pas acceptable », déclare-t-il.
Aucune réaction de la préfecture, de la police nationale ou du ministère de l’Intérieur n’était disponible au moment de la rédaction.
Pour rappel, le samedi 17 octobre était une journée de mobilisation nationale contre la « vie chère » (inflation, prix des carburants et de l’énergie en forte hausse, pouvoir d’achat, services publics). Elle a rassemblé une convergence de luttes : anciens Gilets jaunes, lycéens (mouvement lycéen en cours depuis fin septembre autour des conditions scolaires, syndicats (notamment CGT), étudiants, retraités, et militants divers.
De nombreux cortèges se sont déroulés calmement, mais la journée a été marquée par des violences, pillages de commerces, affrontements et attaques de bâtiments publics dans plusieurs villes (Paris, Marseille, Lyon, etc.).
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