- La mobilisation prévue le 5 novembre constitue une prochaine échéance pour les organisations syndicales
AA / Istanbul / Ayse Bashoruz
Les responsables des principales organisations syndicales françaises ont dénoncé mercredi l’absence de mesures concrètes à l’issue de leur rencontre avec le Premier ministre, consacrée notamment aux revendications sociales, au pouvoir d’achat, à la jeunesse et aux conditions de travail.
Les secrétaires généraux de la CGT, Sophie Binet, et de la CFDT, Marylise Léon, ainsi que des représentants de la FSU et de la CFTC, ont fait part de leur déception après les échanges, tout en annonçant la poursuite des discussions et la préparation d’une mobilisation prévue le 5 novembre.
« Nous sommes venus pour obtenir des réponses concrètes, immédiates, à la colère sociale. Le Premier ministre, le gouvernement, ne nous a annoncé aucune mesure, aucune prise en compte de nos revendications », a déclaré Sophie Binet, secrétaire générale de la Confédération générale du travail (CGT), à l’issue de la réunion.
Selon elle, la réunion, qui a duré trois heures, n’a débouché sur aucune réponse immédiate aux demandes exprimées par les travailleurs.
- Le pouvoir d’achat et les salaires au centre des revendications
Marylise Léon, secrétaire générale de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), a estimé que les réponses devaient intervenir rapidement, notamment sur les salaires et les rémunérations des agents publics. Elle a appelé le gouvernement à réunir également les organisations patronales afin d’engager des discussions sur le partage de la valeur et les négociations salariales.
« On ne peut pas attendre trois semaines pour pouvoir avoir le début de réponse », a-t-elle déclaré, soulignant que les attentes sociales nécessitaient des décisions rapides.
La CFDT a par ailleurs confirmé son appel à une mobilisation des secteurs privé et public le 5 novembre, autour des questions de pouvoir d’achat et de rémunération.
- La jeunesse et l’éducation nationale au cœur des discussions
Les représentants syndicaux ont également demandé que le Premier ministre reçoive rapidement les organisations de jeunesse. Selon Sophie Binet, un engagement a été pris en ce sens, mais aucune date n’a été annoncée.
Dans l’éducation nationale, Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, a jugé les réponses insuffisantes après plusieurs semaines de mobilisation. Une réunion est prévue lundi matin pour examiner les remontées des établissements, a-t-elle indiqué, déplorant toutefois l’absence de précisions sur les moyens budgétaires.
« Au bout de quatre semaines de mobilisation, c’est quand même très en dessous de ce qu’on peut attendre », a-t-elle déclaré.
Les revendications portent notamment sur les créations de postes dans l’éducation nationale, les capacités d’accueil dans l’enseignement supérieur, les conditions d’orientation et les moyens de fonctionnement des établissements. La FSU appelle à préparer une grève le 5 novembre pour obtenir des engagements sur ces points.
- La CFTC évoque des pistes de négociation, mais déplore l’absence de mesures immédiates
Cyril Chabanier, président confédéral de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) a indiqué que le gouvernement avait évoqué de futures discussions sur le salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC), les négociations salariales en entreprise et les classifications professionnelles dont les premiers niveaux de rémunération sont inférieurs au SMIC.
Selon lui, le Premier ministre a proposé de poursuivre le travail avec les ministres concernés pendant environ un mois, avant une nouvelle rencontre destinée à examiner des mesures concrètes.
« On sort avec une déception qui est certaine », a déclaré Cyril Chabanier, qui a regretté l’absence de mesures d’urgence, notamment sur le dégel du point d’indice dans la fonction publique et sur d’éventuelles aides immédiates aux salariés confrontés à des difficultés financières.
Le responsable de la CFTC a néanmoins indiqué que son organisation attendait de voir les résultats des discussions annoncées pour les prochaines semaines.
- Le droit de manifester et la sécurité également évoqués
Marylise Léon a rappelé que la CFDT condamnait les violences et a souligné que celles-ci s’étaient produites en marge des manifestations syndicales. Elle a estimé que les autorités devaient assurer la protection des commerces et des autres bâtiments situés sur les parcours des rassemblements.
La responsable syndicale a également alerté sur les difficultés rencontrées par les journalistes dans l’exercice de leur métier lors des manifestations, appelant à renforcer la coordination entre les forces de l’ordre et les professionnels des médias.
La CGT, pour sa part, a estimé qu’une mobilisation sociale ne devait pas recevoir pour seule réponse des mesures sécuritaires ou répressives.
À l’issue de la réunion, les organisations syndicales ont indiqué qu’elles resteraient attentives aux suites données aux engagements annoncés par le gouvernement.
La mobilisation prévue le 5 novembre constitue une prochaine échéance pour les organisations syndicales, qui souhaitent obtenir des réponses sur les salaires, le pouvoir d’achat, les services publics et les moyens de l’éducation nationale.
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