- Cette revalorisation, inférieure à l’inflation estimée à 2 % pour l’année 2026, intervient après une année de gel des pensions complémentaires, faute d’accord entre les partenaires sociaux en 2025

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France : Les retraites complémentaires revalorisées de 1,4 % à partir du 1er novembre 2026

AA / Istanbul / Wafae El Baghouani

Les pensions de retraite complémentaire de quelque 14 millions d’anciens salariés du secteur privé français augmenteront de 1,4 % à compter du 1er novembre 2026, à la suite d’un accord conclu mercredi entre les organisations syndicales et patronales gestionnaires du régime Agirc-Arrco, selon les informations rapportées par BFM Business.

Cette revalorisation, inférieure à l’inflation estimée à 2 % pour l’année 2026, intervient après une année de gel des pensions complémentaires, faute d’accord entre les partenaires sociaux en 2025.

Concrètement, cette hausse représentera un gain mensuel de 8,40 euros pour un retraité percevant une pension complémentaire de 600 euros, et de 14 euros pour une pension de 1 000 euros.

Selon BFM Business, la décision a été approuvée par les partenaires sociaux, à l’exception de la Confédération générale du travail (CGT) et de la Confédération française de l’encadrement Confédération générale des cadres (CFE-CGC).

- Des négociations marquées par des divergences

Les discussions ont opposé les syndicats, favorables à une augmentation de 1,9 %, au patronat, qui plaidait pour une revalorisation plus modérée afin de préserver l’équilibre financier du régime.

Les règles de l’Agirc-Arrco encadraient cette année la hausse des pensions dans une fourchette comprise entre 1,2 % et 1,9 %, en tenant compte de l’évolution des prix et des salaires.

Les organisations syndicales défendaient une augmentation maximale, notamment pour compenser l’absence de revalorisation l’année précédente et soutenir le pouvoir d’achat des retraités.

- Un régime disposant de 90 milliards d’euros de réserves

Le régime Agirc-Arrco dispose d’environ 90 milliards d’euros de réserves financières, correspondant à près de dix mois de versement des pensions, soit un niveau supérieur au minimum de six mois prévu par ses règles de gestion.

Toutefois, les représentants patronaux ont souligné la nécessité d’anticiper les dépenses liées au vieillissement de la population et à la dégradation des perspectives économiques.

Selon les estimations citées par BFM Business, chaque point supplémentaire de revalorisation représente environ un milliard d’euros de dépenses annuelles pour le régime. Le vieillissement démographique entraîne par ailleurs une augmentation structurelle des dépenses estimée à 1,5 milliard d’euros par an.

- Une décision aux conséquences budgétaires

Cette revalorisation intervient dans un contexte de fortes tensions sur les finances publiques françaises, alors que le gouvernement cherche à réaliser plus de quatre milliards d’euros d’économies grâce à une progression moins rapide des dépenses de retraite.

Bien que l’Agirc-Arrco soit administré de manière autonome par les organisations syndicales et patronales, ses comptes sont intégrés aux finances publiques au sens de la comptabilité nationale.

Une hausse limitée des pensions complémentaires contribue ainsi à contenir les dépenses publiques, même si le gouvernement ne dispose pas du pouvoir de fixer directement le taux de revalorisation.

Le projet budgétaire pour 2027 repose notamment sur une hypothèse de sous-indexation des retraites complémentaires, dont les effets financiers dépendront des décisions prises par les partenaires sociaux.

L’accord conclu mercredi constitue ainsi une étape importante pour la gestion du régime Agirc-Arrco, tout en relançant le débat sur la préservation du pouvoir d’achat des retraités et la maîtrise des dépenses sociales en France.

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