- Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a estimé que les priorités budgétaires pouvaient évoluer pour répondre aux revendications des lycéens, tout en maintenant l’objectif de limiter le déficit public à 5 % du produit intérieur brut
AA / Istanbul / Ayse Bashoruz
Le ministre français de l’Économie, Roland Lescure, s’est dit prêt mercredi à examiner de nouvelles dépenses en faveur de la jeunesse, à condition de les financer par des économies, alors que les mobilisations lycéennes se poursuivent et que l’Assemblée nationale entame l’examen du budget 2027.
Sur franceinfo, le ministre a assuré que le gouvernement avait commencé à répondre aux revendications, citant des mesures d’urgence pour remplacer les enseignants absents et l’ouverture d’une plateforme de consultation du ministère de l’Éducation nationale.
« On peut faire évoluer les priorités du budget. On ne peut pas changer le cadre d’ensemble », a-t-il déclaré, rappelant l’objectif de l’exécutif de contenir le déficit public à 5 % du produit intérieur brut (PIB) au maximum l’an prochain.
Le plan de 10 milliards d’euros évoqué dans les revendications syndicales représente, selon lui, une somme importante qui nécessiterait des arbitrages budgétaires.
Roland Lescure a également souligné la répartition des compétences entre les différents niveaux de collectivités publiques. Les communes sont responsables des écoles, les départements des collèges et les régions des lycées, tandis que l’État intervient notamment dans la gestion des personnels et l’enseignement supérieur.
Sur les rythmes scolaires, il a jugé trop longues les journées de cours, qu’il a décrites comme s’étendant généralement de 8 heures à 18 heures. Il estime toutefois peu probable qu’une réforme entre en vigueur dès la prochaine rentrée et considère que le sujet pourrait être débattu à l’occasion de l’élection présidentielle.
- La hausse des taux, un « signal d’alarme »
Interrogé sur la hausse des taux d’emprunt français, le ministre a reconnu qu’elle alourdissait le coût du financement de la dette. Il a néanmoins assuré que la France conservait la confiance des marchés, ses émissions obligataires continuant d’attirer des investisseurs français et étrangers.
Les taux d’emprunt à dix ans approcheraient désormais les 5 %, selon les chiffres évoqués lors de l’entretien. Roland Lescure y voit un « signal d’alarme », tout en affirmant que la France ne rencontre pas de difficulté à placer sa dette.
Il a défendu la maîtrise des dépenses publiques pour préserver les financements consacrés à la santé, aux retraites, à la défense, à la jeunesse et au climat. Selon lui, la santé et les retraites représentent environ 80 % des dépenses récentes évoquées lors de l’entretien.
- Le budget 2027 au cœur des débats parlementaires
L’examen du projet de loi de finances pour 2027 a débuté mardi soir à l’Assemblée nationale.
Roland Lescure a défendu les mesures fiscales proposées par le gouvernement, notamment la contribution différentielle sur les hauts revenus et la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, dont le niveau doit être réduit.
Il a affirmé que les contribuables les plus fortunés contribueraient à hauteur de plus de 10 milliards d’euros à l’effort national.
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