- De la gauche à l’extrême droite, plusieurs responsables politiques mettent en cause la gestion du maintien de l’ordre, alors qu’Emmanuel Macron doit prendre la parole à 20 heures
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
Les appels à la démission du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, se multiplient dimanche, au lendemain des violences ayant émaillé les manifestations du 17 octobre dans plusieurs villes françaises, tandis qu’un syndicat policier reconnaît avoir été débordé par l’ampleur des incidents.
La secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, a réclamé le départ du ministre, dénonçant dans un message publié sur le réseau social américain X un « désastre absolu » dans la gestion du maintien de l’ordre.
Elle a notamment accusé les autorités d’avoir empêché des dizaines de milliers de personnes de manifester pacifiquement, tout en laissant certains centres-villes aux mains des casseurs.
« Incapable de prévoir un dispositif adéquat garantissant la sécurité des personnes et des biens, Laurent Nuñez est manifestement dépassé par la situation », a-t-elle affirmé, estimant qu’il n’existait « pas d’autre issue à cette journée du 17 octobre que sa démission ».
Du côté de La France insoumise (LFI), le député Antoine Léaument a également appelé au départ du ministre, en relayant une ancienne intervention de ce dernier sur France Inter, dans laquelle il décrivait une perte de contrôle des forces de l’ordre comme une situation marquée par des pillages et des exactions dans les centres-villes.
Son collègue Éric Coquerel, député de Seine-Saint-Denis, a lui aussi estimé sur LCI que Laurent Nuñez « devrait démissionner », évoquant une « journée historique ».
- Des critiques également à droite et à l’extrême droite
Les critiques se multiplient également dans les rangs du Rassemblement national (RN).
Invité de franceinfo, le député Laurent Jacobelli a qualifié le ministre d’« incompétent » face aux violences, estimant que, « s’il avait une forme d’honneur », il devrait démissionner.
Le député RN des Bouches-du-Rhône, Franck Allisio, a pour sa part jugé Laurent Nuñez « complètement dépassé et incompétent », tandis que sa collègue Laure Lavalette a ironisé sur X : « Nous sommes le 18 octobre, il est 10h52 et Laurent Nuñez n’a toujours pas démissionné ».
De son côté, l’eurodéputée Marion Maréchal, proche du RN, a dénoncé sur BFMTV une « logique insurrectionnelle de la part d’une partie de la classe politique », soulignant que les violences avaient commencé dès les premières minutes des rassemblements.
- Les syndicats policiers reconnaissent avoir été débordés
Ces critiques interviennent alors que le syndicat Unsa-Police a reconnu que les forces de l’ordre avaient été « complètement débordées » par un niveau de violences « rarement vécu ».
« On a rarement vécu de telles violences, avec une telle intensité », a déclaré dimanche sur franceinfo Rudy Manna, délégué national du syndicat.
Selon lui, les autorités auraient sous-estimé le nombre de personnes susceptibles de participer aux dégradations, notamment des casseurs et des militants d’extrême gauche.
« On n’a pas réussi à tenir les centres-villes », a-t-il reconnu, évoquant également un manque de munitions pour faire face aux incidents.
À Limoges, le maire Guillaume Gérin a affirmé sur BFMTV que les policiers municipaux s’étaient retrouvés à court de munitions dès 15h30 samedi, dénonçant un « aveu d’échec colossal de l’État ».
Les manifestations du 17 octobre ont été marquées par des affrontements, des incendies et des pillages dans plusieurs villes, notamment à Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux et Limoges.
Selon le dernier bilan communiqué par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, 1 800 personnes ont été interpellées et plus de 500 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers blessés, des chiffres encore provisoires.
Face à la multiplication des critiques, le président Emmanuel Macron doit réunir ce dimanche à 17h30 le Premier ministre Sébastien Lecornu et les ministres concernés, avant la tenue d’une cellule interministérielle de crise prévue à 19 heures à Matignon, rapporte la presse française.
Le chef de l’État doit également prendre la parole à 20 heures, au lendemain des violences ayant émaillé les manifestations du 17 octobre.
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