- Le Premier ministre prévoit une enveloppe de 500 à 700 millions d’euros pour l’agriculture, tout en évoquant des risques de violences lors des manifestations et des compromis budgétaires à construire en décembre

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France : Lecornu annonce un plan de relance agricole et défend sa réponse aux tensions sociales et budgétaires

AA / Istanbul / Serap Dogansoy

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a annoncé jeudi un plan de relance agricole de 500 à 700 millions d’euros pour 2027, à l’issue d’une réunion ministérielle à Matignon, où il a également défendu l’action du gouvernement face aux mobilisations lycéennes et relativisé les premiers revers parlementaires sur le budget.

Le montant du plan agricole reste indicatif et dépendra des concertations avec les professionnels et des discussions parlementaires, a-t-il précisé. Toute enveloppe supplémentaire devra être compensée par des économies ou des recettes ailleurs pour respecter l’objectif de déficit public de 5 % du produit intérieur brut.

Une concertation doit se poursuivre pendant une quinzaine de jours. Au moins quatre amendements gouvernementaux sont prévus au cours de l’examen budgétaire à l’Assemblée nationale et au Sénat.

Le Premier ministre a chiffré à 1,3 milliard d’euros le plan d’urgence agricole, financé essentiellement par des redéploiements de crédits du budget 2026.

- Agriculture : préparer les exploitations aux prochains épisodes de chaleur

Le plan de relance doit notamment soutenir le stockage de l’eau, l’adaptation des bâtiments d’élevage aux canicules et l’amélioration de la couverture assurantielle. Un « pacte Genevard » est également prévu pour faciliter la transmission des exploitations et la recherche de repreneurs.

La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé le lancement d’un appel à projets avant la fin de l’année, après l’identification de plus de 800 projets contribuant à la souveraineté alimentaire.

L’ensemble des décrets d’application de la loi d’urgence agricole doit être pris avant Noël, selon Sébastien Lecornu, notamment sur l’eau, la prédation et la simplification des travaux dans les bâtiments d’élevage.

Concernant les négociations européennes sur la future politique agricole commune (PAC), Annie Genevard a défendu le maintien de ses moyens : « Pas un euro ne doit manquer à la PAC. » Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de conserver des financements communs pour soutenir une agriculture française tournée aussi vers l’exportation.

-Négociations commerciales : une concertation en amont

Le gouvernement a également annoncé une réunion avec les parties prenantes dès la semaine prochaine, avant l’ouverture des négociations commerciales le 1er décembre.

L’objectif affiché est de rechercher un équilibre entre le soutien aux producteurs agricoles, les difficultés de l’industrie agroalimentaire, notamment des PME, et la préservation du pouvoir d’achat.

- Lycées : Lecornu distingue revendications et « violences urbaines »

Interrogé sur les mobilisations lycéennes, Sébastien Lecornu a estimé que les incidents observés dans certains établissements relevaient désormais de « violences urbaines », évoquant notamment des tirs de mortiers et des intrusions.

Selon lui, environ 200 lycées sur les 3 700 que compte le pays connaissent des violences persistantes, impliquant parfois des personnes extérieures aux établissements.

Il a toutefois affirmé que les revendications des élèves devaient être entendues. La plateforme de consultation a recueilli, selon lui, entre 92 000 et 93 000 contributions. Les régions doivent être saisies des questions relatives aux bâtiments, tandis que 3 000 enseignants de réserve ont été mobilisés pour des remplacements.

À propos des manifestations attendues samedi, le Premier ministre a dit redouter des violences, tout en rappelant le droit de manifester. Il a aussi décrit un « moment de fatigue dans le pays », lié aux crises successives, et réaffirmé que le gouvernement se tenait à l’écart de la campagne présidentielle.

- Budget : des compromis attendus en décembre

Interrogé sur le rejet par les députés de la réduction de l’abattement fiscal des retraités, Sébastien Lecornu a présenté les premières lectures budgétaires comme une phase durant laquelle les groupes politiques défendent leurs positions.

« En décembre, il faudra trancher autour de compromis qui fonctionnent », a-t-il déclaré, appelant à poursuivre les discussions avec « ouverture d’esprit » et « calme ».

Il a estimé nécessaire d’expliquer cette procédure aux Français, aux acteurs économiques et aux marchés financiers, dans un contexte de taux d’intérêt élevés.

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