– La décision intervient après la grave blessure d’un adolescent de 15 ans à Lens, amputé de la main gauche après l’explosion d’une grenade

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France : le ministre de l’Intérieur suspend l’usage des grenades assourdissantes lors des mobilisations lycéennes

AA / Istanbul / Wafae El Baghouani

Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé mercredi la suspension de l’usage des grenades assourdissantes dans le cadre des mobilisations lycéennes, alors que 18 enquêtes ont été ouvertes par l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN).

Invité de RTL mercredi matin, le ministre a indiqué avoir demandé dès mardi que ces grenades ne soient plus utilisées par les forces de l’ordre dans le cadre du mouvement des lycéens.

Cette décision marque un changement dans la doctrine de maintien de l’ordre après la grave blessure d’un adolescent de 15 ans à Lens, dans le nord de la France. Le lycéen a été grièvement atteint à la main par l’explosion d’une grenade et a dû être amputé de la main gauche.

RTL rapporte que plusieurs mineurs ont été grièvement blessés depuis le début du mouvement et que la gestion du maintien de l’ordre fait l’objet de critiques croissantes.

Nuñez a également annoncé sur RTL que 18 enquêtes avaient été ouvertes par l’IGPN, la « police des polices » française.

Les circonstances précises des différents incidents faisant l’objet d’enquêtes restent à établir.

- Macron réclame une réponse « proportionnelle »

Le président Emmanuel Macron a demandé aux forces de l’ordre de maintenir l’ordre public tout en faisant preuve de « la plus grande proportionnalité », selon Nuñez.

« Le président a rappelé la nécessité de maintenir l’ordre tout en nous demandant de le faire avec la plus grande proportionnalité », a déclaré le ministre après un entretien avec le chef de l’État mardi.

Macron avait réuni mardi soir plusieurs membres du gouvernement, dont le Premier ministre Sébastien Lecornu, Laurent Nuñez et le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray, face à l’ampleur de la mobilisation.

Nuñez et Geffray doivent par ailleurs être auditionnés mercredi à l’Assemblée nationale, respectivement sur « la gestion de l’ordre public » et sur « le blocage des lycées ».

- 528 établissements encore perturbés

La mobilisation se poursuit mercredi, au lendemain d’une nouvelle journée de manifestations à travers la France.

Selon les chiffres communiqués par le ministère de l’Éducation nationale, 528 établissements connaissent mercredi une suspension totale ou partielle des cours, soit une baisse de 41 % par rapport à mardi. Quelque 86 % des établissements sont entièrement ouverts.

L’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante ont appelé à poursuivre les blocages mercredi et à organiser de nouveaux cortèges jeudi à Paris et dans d’autres villes, dans le cadre d’un « acte IV » de la mobilisation.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a, de son côté, annoncé la mise en place de demi-journées sans cours afin d’organiser un « temps de démocratie interne » dans les établissements et de permettre aux élèves et aux personnels de faire remonter leurs difficultés.

Il doit également s’exprimer mercredi soir depuis Matignon sur la situation dans les lycées, ainsi que sur les prix des carburants, la crise agricole et la dette.

Le mouvement lycéen a débuté le 21 septembre 2026 au lycée Saint-Exupéry de Créteil, en région parisienne, autour de revendications portant notamment sur le manque de moyens dans l’éducation, les effectifs des classes et l’état des établissements, avant de s’étendre progressivement à l’ensemble du pays.

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