– Raphaël Adam appelle à accompagner les jeunes dans leurs revendications et dénonce l’absence de dialogue lors des premières mobilisations.
AA / Paris / Ümit Dönmez
Le maire de Nanterre, Raphaël Adam, a apporté mardi son soutien aux lycéens mobilisés à Paris, estimant que leur mouvement constitue à la fois une défense de leurs conditions d’études et un apprentissage de la mobilisation collective.
L’élu divers gauche, rencontré par Anadolu place d’Italie au départ de la manifestation, explique être venu « en soutien au mouvement de nos lycéens » afin de continuer à les accompagner et de leur permettre de faire entendre leurs revendications.
Raphaël Adam rappelle avoir invité, la veille, plusieurs lycéens mobilisés à prendre la parole lors d’une suspension de séance du conseil municipal de Nanterre.
« Nous sommes fiers que cette jeunesse prenne en main son destin, qu’elle se mobilise et qu’elle fasse entendre sa voix », souligne-t-il.
Le maire estime que la présence d’élus et de syndicalistes auprès des lycéens permet également de leur apporter une forme de protection lors des manifestations.
« Nous sommes là pour leur permettre de s’exprimer, de défendre ce en quoi ils croient et de les accompagner dans leurs revendications afin qu’ils obtiennent de premiers résultats », affirme-t-il.
Raphaël Adam considère aussi que cette mobilisation constitue une première expérience politique et collective importante pour une partie de la jeunesse.
« C’est aussi un apprentissage de la mobilisation. Toutes les générations ne le font pas, donc c’est important », explique-t-il.
L’élu établit un parallèle avec sa propre jeunesse. Il rappelle avoir lui-même participé, lorsqu’il était lycéen il y a une vingtaine d’années, aux mobilisations contre le Contrat première embauche (CPE) et contre des fermetures de filières.
Il estime que les difficultés ont depuis changé de nature, citant notamment Parcoursup et le système des spécialités au lycée, auxquels il attribue des emplois du temps fragmentés et des journées particulièrement longues pour certains élèves.
« Le message d’aujourd’hui, c’est : ne lâchez rien, continuez à vous mobiliser, continuez à défendre vos intérêts et à faire entendre votre voix », déclare-t-il.
Le maire de Nanterre se montre en revanche particulièrement critique à l’égard de la manière dont les autorités ont réagi aux premières journées de blocages et de manifestations.
Raphaël Adam dit avoir surtout constaté, chez les lycéens rencontrés dans sa commune, « une envie de s’exprimer » et « une envie de parler ».
« Ce qui est dramatique, c’est que pendant des jours et des jours, nous n’avons vu que de la répression, sans véritable ouverture au dialogue ni possibilité d’échange avec la jeunesse », estime-t-il.
Le maire précise que les communes ne disposent pas de compétence directe sur les lycées, qui relèvent des régions, mais considère que les élus locaux peuvent jouer un rôle de médiation entre les jeunes mobilisés et les institutions concernées.
« Nous sommes là pour servir de médiateurs, pour les aider à rencontrer les autorités compétentes et leur permettre d’exprimer leurs doléances », explique-t-il.
Raphaël Adam regrette que, selon lui, les responsables directement compétents n’aient pas suffisamment répondu aux demandes de dialogue formulées par les lycéens.
« Le fait que les acteurs en responsabilité directe n’aient pas été présents et que la seule réponse ait été sécuritaire ne nous satisfait pas », affirme-t-il.
L’élu inscrit enfin cette question dans un débat plus large sur les libertés publiques et le dialogue démocratique. Évoquant la progression de l’extrême droite en France, il appelle à ne pas accepter, selon ses termes, de « reculs dans le dialogue et dans l’expression ».
La mobilisation parisienne du 13 octobre s’inscrit dans la continuité d’un mouvement engagé depuis plusieurs semaines dans de nombreux lycées français. Les élèves dénoncent notamment le manque d’enseignants, les remplacements non assurés, les classes chargées, les difficultés liées à Parcoursup et les conditions matérielles dans certains établissements.
Les premières journées de contestation ont été marquées par des blocages de lycées, des interventions policières et des interpellations, tandis que la mobilisation s’est progressivement élargie aux étudiants, aux personnels de l’Éducation nationale, aux parents et à plusieurs organisations syndicales.
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