- Le cumul des hausses de taux locaux et de la revalorisation des bases d’imposition a presque doublé la facture en vingt ans, avec de fortes disparités territoriales
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
La taxe foncière sur les propriétés bâties a augmenté de 93,4 % entre 2005 et 2025 en France, contre 36,8 % pour l’inflation, selon le vingtième Observatoire national des taxes foncières présenté jeudi par l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI).
Cette progression résulte de deux mécanismes qui se cumulent : les taux votés par les collectivités locales ont augmenté de 32,2 % en vingt ans, tandis que les valeurs locatives cadastrales, utilisées pour calculer l’impôt, ont progressé de 46,3 %.
La facture peut ainsi augmenter même lorsqu’une commune maintient son taux, sous l’effet de la revalorisation annuelle des bases. Celle-ci avait notamment atteint 7,1 % en 2023 et 3,9 % en 2024.
La hausse moyenne s’établit autour de 1,7 % en 2026 dans les 200 villes les plus peuplées, selon l’organisation. Cette modération masque toutefois des augmentations de 29,9 % à Aulnay-sous-Bois, de 27,8 % à Ajaccio et de 27,1 % à Fréjus.
L’observatoire publie également un nouvel indicateur permettant de comparer les montants moyens par logement. Hors taxe d’enlèvement des ordures ménagères, la taxe foncière atteint 635 euros en moyenne nationale, contre 973 euros dans les cinquante villes les plus peuplées.
Dans ces grandes villes, Grenoble affiche un montant moyen de 1 487 euros, devant Créteil à 1 465 euros et Montreuil à 1 256 euros. À Paris, il s’élève à 900 euros, malgré des taux parmi les plus faibles de ce groupe, illustrant le poids des bases cadastrales dans le calcul.
L’UNPI, qui défend les propriétaires privés, demande une refonte de la fiscalité locale. Elle propose notamment une contribution de l’ensemble des habitants au financement des services publics locaux et une modification de l’indexation des bases d’imposition.
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