- L’organisation dénonce une atteinte à la liberté de manifester et annonce des recours contre les arrêtés préfectoraux qui ne respecteraient pas la loi

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France : la Ligue des droits de l’Homme (LDH) juge « illégales » les restrictions aux manifestations

AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) a dénoncé jeudi les restrictions aux manifestations annoncées par le président français Emmanuel Macron en vue de la nouvelle journée de mobilisation prévue samedi 24 octobre, estimant qu'elles étaient « parfaitement illégales ».

« À notre avis, la déclaration du président de la République est parfaitement illégale », a affirmé Évelyne Sire-Marin, vice-présidente de la LDH et magistrate honoraire, lors d’une intervention sur franceinfo.

Cette réaction intervient après qu’Emmanuel Macron a annoncé jeudi, à l’issue d’une réunion avec les services de renseignement, que les autorités privilégieraient l’interdiction des manifestations non organisées par des syndicats.

« La recommandation générale, c’est qu’il n’y ait pas de manifestation dans les jours à venir », a déclaré le chef de l’État, précisant que les préfets proposeraient des itinéraires alternatifs aux organisations syndicales souhaitant maintenir leurs rassemblements.

« Quand ce ne sont pas des organisations syndicales, partout où on le peut, on interdira », a-t-il ajouté.

La vice-présidente de la LDH a contesté cette distinction, rappelant que la liberté de manifester constitue un droit constitutionnel qui ne peut faire l’objet d’interdictions générales.

« On ne peut pas interdire de façon générale de manifester dans le pays », a-t-elle insisté, précisant que des restrictions peuvent être décidées dans des lieux précis lorsque les risques de troubles à l’ordre public sont particulièrement importants, mais pas à l’échelle d’une ville entière.

Évelyne Sire-Marin a également rappelé que les décisions d’interdiction relèvent de la compétence des préfets et non du président de la République.

« Le président de la République n’a aucune compétence là-dessus », a-t-elle souligné.

La responsable de la LDH a annoncé que l’organisation engagerait des recours contre les arrêtés préfectoraux qui ne respecteraient pas les dispositions légales.

« Nous faisons un rappel à l’État de droit », a-t-elle déclaré, appelant à garantir un équilibre proportionné entre la liberté de manifester et les impératifs de maintien de l’ordre public.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de fortes tensions après les violences qui ont marqué les manifestations du 17 octobre, alors que plusieurs villes françaises ont annoncé des restrictions aux rassemblements prévus samedi.

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