- Lors de la séance de questions au gouvernement, Thomas Portes a accusé l’exécutif français de « complicité » dans le génocide à Gaza, dénonçant l’absence d’embargo sur les armes et les composants militaires destinés à Israël
AA / Istanbul / Wafae El Baghouani
Un vif échange a opposé, mercredi, le député de La France insoumise (LFI) Thomas Portes au ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, à l’Assemblée nationale, sur la politique française à l’égard d’Israël, les livraisons de matériel militaire et la situation dans la bande de Gaza.
Lors de la séance de questions au gouvernement, Thomas Portes a accusé l’exécutif français de « complicité » dans le génocide à Gaza, dénonçant l’absence d’embargo sur les armes et les composants militaires destinés à Israël.
« Trois ans de génocide à Gaza, trois ans d’inaction de votre gouvernement », a lancé le député insoumis, reprochant aux autorités françaises de poursuivre des échanges de matériel militaire avec Israël malgré la situation dans l’enclave palestinienne.
Saluant la mobilisation du collectif Urgence Palestine et des syndicats CGT et Solidaires, qui auraient empêché jeudi dernier l’expédition de matériel militaire vers Israël, Thomas Portes a estimé que la société civile et le monde du travail avaient décidé d’agir face à « l’inaction complice » du gouvernement.
Le parlementaire a notamment affirmé qu’entre octobre 2023 et mars 2026, 525 livraisons effectuées par des entreprises françaises avaient contribué à l’approvisionnement militaire d’Israël. Selon lui, 35 livraisons supplémentaires auraient été réalisées depuis mars à destination d’Elbit Systems, important fabricant israélien d’armements.
« Ce sont des mensonges », a-t-il déclaré, contestant les affirmations répétées du gouvernement selon lesquelles la France ne vendrait pas d’armes à Israël.
Thomas Portes a également interpellé le ministre sur des demandes qu'il attribue aux autorités israéliennes concernant la sélection des salariés d’Air France selon leur nationalité. Il a demandé si le gouvernement français entendait s’opposer à une telle mesure, qu’il a qualifiée de politique d’« apartheid social ».
- Barrot rejette les accusations et annonce des investigations
En réponse, Jean-Noël Barrot a vivement contesté les accusations du député, lui reprochant d’« instrumentaliser la souffrance des Palestiniens à des fins politiques ».
Le chef de la diplomatie française a réaffirmé la position officielle du gouvernement concernant les ventes d’armes à Israël.
« Nous ne vendons pas d’armes à Israël », a-t-il assuré.
Le ministre a toutefois reconnu que des informations publiées par le quotidien L’Humanité avaient conduit les autorités françaises à engager des vérifications.
« Nous avons immédiatement lancé des investigations en cours. Nous avons pris des mesures conservatoires en attendant leurs résultats », a-t-il précisé.
Jean-Noël Barrot a également défendu l’engagement diplomatique français en faveur de la population palestinienne, affirmant qu’aucun autre pays ne soutenait autant le peuple palestinien que la France.
Il a notamment évoqué un rassemblement organisé le 12 juin à Paris, réunissant plusieurs centaines d’Israéliens et de Palestiniens favorables à une solution à deux États.
- « Pour une solution à deux États, il faut des Palestiniens vivants »
L’échange s’est particulièrement tendu lors de la dernière intervention de Thomas Portes, qui a réitéré ses accusations contre l’exécutif français.
« Si vous voulez une solution à deux États, il faut qu’il y ait des Palestiniens vivants », a lancé le député, accusant la France de contribuer, par ses livraisons de matériel militaire, aux opérations israéliennes contre les Palestiniens.
Jean-Noël Barrot a répliqué en qualifiant le parlementaire d’« idiot utile » de ceux qui, en Israël, refusent aux Palestiniens leur droit à l’autodétermination et à l’existence.
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