- L’ancien Premier ministre appelle Emmanuel Macron à répondre aux revendications des lycéens et propose une réforme fiscale d’ampleur
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
L’ancien Premier ministre français Dominique de Villepin a exprimé jeudi son inquiétude face à une « mécanique de guerre civile » après les incidents qui ont marqué les manifestations du 17 octobre, appelant le président Emmanuel Macron à répondre aux revendications des lycéens.
Cinq jours après les violences et les pillages survenus dans plusieurs villes françaises, Dominique de Villepin a dénoncé une « bataille de récits » entre La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN).
« Ils sont ravis, dans une crise politique extrêmement grave, de pouvoir jouer le parti de la colère d’un côté et le parti de l’ordre de l’autre », a-t-il déclaré.
L’ancien chef du gouvernement a également contesté les accusations établissant un lien entre LFI et les groupes d’ultragauche, mis en cause par plusieurs responsables gouvernementaux après les violences.
« L’ultragauche déteste LFI », a-t-il affirmé, évoquant de « très grandes différences historiques » entre ces mouvements.
La procureure de Paris, Laure Beccuau, avait pour sa part indiqué ne pas pouvoir confirmer que les auteurs des dégradations dans la capitale appartenaient à l’ultragauche.
Interrogé sur les appels à instaurer l’état d’urgence, notamment formulés par le RN et Bruno Retailleau, Dominique de Villepin a estimé que la situation actuelle ne pouvait être comparée aux émeutes de 2005, survenues lorsqu’il dirigeait le gouvernement.
« Les situations sont différentes », a-t-il souligné, rappelant que les violences de 2005 impliquaient principalement de très jeunes personnes.
Revenant sur son passage à Matignon, il a reconnu avoir commis « des erreurs », assurant toutefois avoir tiré des enseignements de son expérience.
- Un appel à répondre aux revendications des lycéens
Alors qu’Emmanuel Macron doit recevoir vendredi des représentants des organisations lycéennes à l’Élysée, l’ancien Premier ministre a appelé le chef de l’État à « faire un geste ».
« Le président doit d’abord les écouter et reconnaître leurs nécessités », a-t-il déclaré, plaidant notamment pour une remise à plat de Parcoursup, la plateforme d’accès à l’enseignement supérieur.
Sur le plan économique, Dominique de Villepin a également proposé de confier aux partenaires sociaux la fixation du salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic), actuellement déterminé par décret.
« C’est le Moyen Âge », a-t-il estimé, appelant les organisations syndicales et patronales à assumer cette responsabilité.
Enfin, l’ancien Premier ministre a promis, en cas d’arrivée au pouvoir, un « big bang fiscal », proposant notamment de mettre fin aux « 185 milliards d’euros de niches fiscales et sociales ».
Il a toutefois assuré qu’aucune réforme ne serait engagée sans consensus.
« Il n’y aura pas de réforme sans consensus », a-t-il affirmé, promettant également qu’il n’y aurait « pas de blocage » du pays.
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