-Le ministre de la Justice annonce une nouvelle instruction aux parquets et fait état de 217 incarcérations depuis les événements du 17 octobre
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Gérald Darmanin a annoncé jeudi avoir demandé aux parquets de requérir notamment des interdictions de manifester, des privations de droits civiques et des exclusions des réseaux sociaux contre les auteurs des violences et des pillages survenus depuis samedi.
Lors d’un déplacement au centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis, dans l’Essonne, le ministre de la Justice a indiqué avoir adressé une nouvelle instruction aux procureurs et procureurs généraux dans l’après-midi, avant les manifestations annoncées ce week-end.
Il leur demande également de faire appel des décisions qu’ils estiment insuffisamment fermes au regard de ses orientations de politique pénale. Les peines sont prononcées par les magistrats du siège, après les réquisitions du parquet.
-217 incarcérations et plus de 1 000 personnes déférées
Depuis samedi, 2 700 gardes à vue ont été enregistrées et plus d’un millier de personnes ont été déférées avec des poursuites, selon Gérald Darmanin. Il a fait état de 217 incarcérations, un bilan appelé à augmenter avec la poursuite des comparutions immédiates.
La moitié des personnes incarcérées n’ont aucun casier judiciaire, a-t-il précisé. Il s’agit généralement d’hommes âgés de 18 à 25 ans.
Ces incarcérations comprennent des placements en détention provisoire et des emprisonnements décidés à l’issue des audiences.
Le garde des Sceaux a également demandé une exécution rapide des peines prononcées, qu’elles prévoient ou non une incarcération.
-Des réquisitions supplémentaires
Les privations de droits civiques demandées doivent notamment concerner le droit de vote. Le bannissement numérique prévoit la fermeture de comptes sur les réseaux sociaux et l’interdiction d’en créer de nouveaux pendant une durée déterminée. Le ministère mentionne également l’information des employeurs des condamnés, particulièrement dans le secteur public.
Gérald Darmanin a affirmé que certaines gardes à vue avaient été prolongées à 72 heures dans des enquêtes relevant de la criminalité organisée, notamment à Marseille.
Il a annoncé un renforcement du parquet d’Orléans en prévision d’une manifestation samedi.
Interrogé sur la surpopulation carcérale, il a annoncé l’arrivée prochaine de 3 000 places de prison et environ 900 postes supplémentaires dans l’administration pénitentiaire l’an prochain.
Ces annonces interviennent après les violences et les pillages commis dans plusieurs villes françaises en marge de la mobilisation du 17 octobre contre la vie chère.
Jeudi matin, Emmanuel Macron avait préconisé l’absence de manifestations dans les prochains jours et annoncé un conseil de défense vendredi.
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