- Le maire de Paris annonce une cellule d’urgence pour les commerçants, tandis que la présidente de l’Assemblée nationale demande une commission d’enquête sur les violences et la stratégie de maintien de l’ordre
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
Quelque 1 500 commerçants ont été directement touchés par les violences et les dégradations survenues samedi 17 octobre en France, pour des dommages qui pourraient atteindre plusieurs centaines de millions d’euros, selon Alexandre Bompard, président de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD).
Interrogé dimanche sur LCI, Alexandre Bompard a estimé qu’il était encore « un peu tôt » pour évaluer précisément l’ampleur des dégâts, tout en indiquant que 1 500 commerçants avaient été directement touchés à travers la France. Il a prévenu que la facture serait « très élevée », évoquant « plusieurs centaines de millions d’euros » de dommages.
Face à l’ampleur des dégradations, le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a annoncé dimanche avoir demandé la mise en place d’une cellule d’urgence destinée à accompagner les commerçants victimes des incidents.
Dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, l’édile a dénoncé des « violences et des pillages inacceptables », estimant que « l’ampleur des dégâts est considérable et inédite ».
Cette cellule aura pour mission de recenser les dommages, d’accompagner les commerçants touchés et de faciliter leurs démarches administratives et auprès des assurances, avec une attention particulière portée aux commerces indépendants et à ceux dont l’activité est interrompue.
Emmanuel Grégoire a également demandé l’organisation, dès lundi, d’une réunion exceptionnelle réunissant notamment les représentants des commerçants, les chambres consulaires, les assureurs et les services de l’État, afin de simplifier les procédures et d’accélérer la réparation des dommages.
Tout en condamnant les dégradations, le maire de Paris a souligné que les violences du 17 octobre ne devaient pas occulter les revendications de la majorité des manifestants mobilisés pacifiquement.
« Paris est une ville de libertés, de débats et de manifestations. Elle doit le rester. Mais elle doit aussi être une ville où chacune et chacun peut travailler et entreprendre en sécurité », a-t-il affirmé.
- Yaël Braun-Pivet demande une commission d’enquête parlementaire
De son côté, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a officiellement demandé la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les violences survenues en marge du mouvement du 17 octobre et sur la stratégie de maintien de l’ordre déployée à cette occasion.
« Cette commission d’enquête aura vocation à faire toute la lumière sur les scènes de chaos et de pillages auxquelles nous avons assisté et sur leurs responsables », a-t-elle déclaré.
Elle a précisé que cette commission devrait également apporter des réponses « aux élus, aux commerçants et à toutes les victimes » des violences, ainsi qu’aux citoyens qui s’interrogent sur l’ampleur des débordements et la réponse apportée par les autorités.
Selon franceinfo, Yaël Braun-Pivet doit réunir mardi matin les présidents des groupes parlementaires pour évoquer cette initiative.
Ces annonces interviennent au lendemain d’une journée de mobilisation marquée par des affrontements avec les forces de l’ordre, des incendies et des pillages de commerces dans plusieurs villes françaises.
Selon le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, 1 800 personnes ont été interpellées et plus de 500 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers blessés au cours de ces incidents, un bilan encore provisoire.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a, pour sa part, convoqué une cellule interministérielle de crise ce dimanche à 19 heures à Matignon, rapporte franceinfo.
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