- Elle a souligné que la mobilisation des capitaux privés et la création d’emplois étaient deux priorités indissociables pour le continent, qui dispose de la population active la plus jeune et dont la croissance est la plus rapide au monde
AA/İstanbul/Sanaa Amir
L’Union Africaine (UA) a appelé à accroître les financements destinés à l’Afrique, notamment pour les programmes d’intégration régionale, afin de stimuler la création d’emplois, de renforcer les infrastructures transfrontalières et d’accélérer la mise en œuvre de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf).
« Notre appel depuis Bangkok est simple : investir davantage en Afrique, financer son intégration, investir sur le long terme et investir dans sa population », a déclaré la vice-présidente de la Commission de l’Union africaine, au nom du président de la Commission, lors des réunions annuelles 2026 du Groupe de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International (FMI), organisées à Bangkok.
Elle a souligné que la mobilisation des capitaux privés et la création d’emplois étaient deux priorités indissociables pour le continent, qui dispose de la population active la plus jeune et dont la croissance est la plus rapide au monde.
« Notre défi est de transformer cet atout démographique en emplois productifs, en hausse des revenus et en prospérité partagée », a-t-elle affirmé, estimant que cet objectif ne pourrait être atteint sans des investissements à grande échelle.
- Un appel à renforcer les financements de la Banque mondiale
La responsable de l’UA a plaidé pour une augmentation des financements du Groupe de la Banque mondiale en faveur de l’Afrique, notamment dans le cadre de la 22e reconstitution des ressources de l’Association Internationale de Développement (IDA22).
Elle a particulièrement insisté sur la nécessité de soutenir les programmes d’intégration régionale visant à relier les marchés africains, à renforcer les infrastructures transfrontalières et les chaînes de valeur, ainsi qu’à accélérer la mise en œuvre de la ZLECAf.
Selon elle, ces ambitions nécessitent des instruments de financement mieux adaptés aux réalités des pays africains et à la dimension régionale de leurs projets d’intégration.
La responsable a également souligné que l’Afrique avait besoin de capitaux supplémentaires pour combler ses déficits d’infrastructures, développer l’accès à l’énergie et à la connectivité, industrialiser ses économies, transformer son agriculture et renforcer les compétences des jeunes.
Elle a toutefois précisé que la mobilisation des capitaux devait s’accompagner de conditions d’accès équitables, abordables et durables.
- La mobilisation des capitaux privés en hausse
Saluant les progrès réalisés par le Groupe de la Banque Mondiale, la vice-présidente de la Commission de l’UA a indiqué que la mobilisation mondiale de capitaux privés par l’institution en faveur de l’Afrique avait plus que doublé au cours des quatre dernières années, pour atteindre 22 milliards de dollars en 2026.
Elle a néanmoins estimé que les besoins du continent en matière de développement et de création d’emplois exigeaient des efforts bien plus importants.
Pour répondre à ces besoins, elle a appelé à mobiliser toutes les sources de financement disponibles, notamment les capitaux privés africains et internationaux, en complément des ressources publiques et des financements concessionnels.
Elle a souligné que ces investissements devaient être orientés vers les secteurs susceptibles de créer des emplois et de favoriser une transformation économique durable.
- Un appel aux investisseurs internationaux
La responsable de l’UA a également appelé les gouvernements africains, les institutions multilatérales et les partenaires au développement à renforcer leur coopération pour stimuler les investissements.
Les gouvernements africains continueront notamment à consolider leurs institutions, à améliorer la prévisibilité réglementaire et à développer des projets susceptibles d’attirer les investisseurs, a-t-elle indiqué.
De leur côté, les institutions multilatérales et les partenaires au développement sont appelés à recourir davantage aux garanties, aux financements concessionnels et à leurs capacités de coordination afin de réduire les risques et de favoriser les investissements privés.
S’adressant aux investisseurs internationaux, elle a affirmé que l’Afrique était prête à développer ses activités économiques sur la base des bénéfices mutuels et d’une prospérité partagée.
Elle a également rappelé que l’Agenda 2063 de l’Union Africaine et la ZLECAf constituaient des leviers essentiels pour construire un marché continental plus intégré et renforcer les conditions nécessaires aux investissements à grande échelle.
« Passons des engagements aux capitaux, des projets aux marchés, et des ambitions aux investissements qui créent des emplois, de la dignité et des opportunités pour la prochaine génération africaine », a-t-elle conclu.
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