-La Havane dénonce des pressions économiques et politiques américaines sur des États membres de l’ONU avant un vote sur la levée de l’embargo
ISTANBUL (AA)
Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a accusé mercredi les États-Unis de commettre un génocide contre Cuba et de violer le droit international, lors d’une conférence de presse à La Havane.
« Une superpuissance militaire, nucléaire, économique et technologique commet un acte d’abus atroce et continu contre une nation pacifique, attachée à la paix », a déclaré Rodriguez.
Il a également accusé Washington de menacer des États membres de l’ONU pour influencer un prochain vote sur une résolution demandant la fin de l’embargo américain imposé depuis plusieurs décennies à l’île.
Cuba a dénoncé des « pressions brutales et des menaces » exercées contre des pays avant le scrutin, a indiqué Rodriguez dans une publication sur le réseau social américain X.
Selon lui, ces mesures présumées comprennent des droits de douane punitifs, la suspension de programmes de coopération, le refus de visas à des responsables gouvernementaux et à leurs proches, ainsi qu’un soutien aux forces d’opposition lors de prochaines élections.
Washington a également fait circuler des documents menaçants auprès de gouvernements et de leurs délégations à l’ONU, a affirmé le ministre.
Il a ajouté que des responsables américains avaient proposé à certains pays de s’abstenir ou de ne pas participer au scrutin s’ils n’étaient pas disposés à voter contre Cuba.
Rodriguez a qualifié cette campagne présumée de pressions de « manière nouvelle et dangereuse de pratiquer la diplomatie multilatérale ». Il a averti qu’un ordre international imposé par la force militaire ne serait pas viable.
Ces tensions interviennent également après une table ronde intitulée « Cuba Libre », organisée lundi par les États-Unis au siège de l’ONU à New York. Des dissidents cubains et d’anciens prisonniers y ont évoqué des violations présumées des droits humains sur l’île.
L’ambassadeur américain à l’ONU, Mike Waltz, a appelé les pays à s’opposer à la résolution. L’ambassadeur cubain, Ernesto Soberon Guzman, a condamné cet événement et accusé Washington d’infliger une punition collective au peuple cubain.
Le président cubain Miguel Diaz-Canel a lui aussi dénoncé la campagne présumée de pressions américaines dans une publication du Parti communiste cubain sur X.
Il a critiqué la participation d’Orlando Gutierrez Boronat, qu’il a qualifié de « terroriste et escroc notoire ».
L’Assemblée générale de l’ONU doit se prononcer les 27 et 28 octobre sur une résolution non contraignante demandant la levée de l’embargo.
Les États-Unis affirment que leur politique envers Cuba vise à promouvoir la démocratie et les droits humains. La levée de l’embargo nécessite l’approbation du Congrès américain.
*Traduit de l'anglais par Serap Dogansoy
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