-Le collectif estime que la hausse envisagée de la TVA sur les offres de Canal+ pourrait menacer la production de 400 films sur cinq ans et appelle à préserver les financements du secteur
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Plus de 170 cinéastes, dont Jacques Audiard, Justine Triet et Emmanuel Marre, ont mis en garde mercredi contre un risque d’« effacement sans précédent du cinéma français » lié au projet de budget 2027, estimant que la hausse envisagée de la TVA sur les offres de Canal+ pourrait menacer la production de 400 films sur cinq ans.
Dans une tribune publiée dans Le Monde, le collectif appelle les députés à protéger les ressources du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), à préserver les moyens de l’audiovisuel public et à maintenir une TVA réduite pour la télévision payante.
Les signataires s’inquiètent notamment du doublement envisagé du taux de TVA applicable aux offres de Canal+, actuellement fixé à 10 %. Selon eux, cette mesure rendrait caduc l’accord interprofessionnel signé le 28 juillet, qui prévoit cette éventualité en cas de hausse de la taxe.
Ils évaluent la perte qui en découlerait pour la création cinématographique à 750 millions d’euros entre 2028 et 2032, soit, selon leur estimation, 400 films qui ne seraient pas produits.
Le collectif dénonce également une diminution prévue de 47 millions d’euros du budget de France Télévisions en 2027. Il fait aussi état de l’intention du rapporteur du budget de déposer un amendement permettant à l’État de prélever directement une partie des ressources du CNC.
« Il n’est pas question pour nous d’échapper à l’effort collectif », écrivent les cinéastes, qui jugent ces mesures susceptibles de fragiliser la production, l’emploi et la diversité de la création.
Pour défendre le modèle français, ils mettent en avant les contributions des salles de cinéma, des chaînes et des plateformes au financement du secteur via le CNC. Selon les chiffres cités dans la tribune, l’industrie cinématographique représente 260 000 emplois directs et indirects.
Au-delà du débat budgétaire, les signataires plaident pour une loi consacrée au cinéma, qui permettrait notamment de pérenniser la chronologie des médias, d’encadrer l’intelligence artificielle et de protéger les moyens et les missions du CNC.
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