- Le président français Emmanuel Macron a annoncé à Bruxelles, un accord franco-allemand sur l’automobile et une évolution de la politique commerciale européenne vers une meilleure protection des secteurs industriels face à la concurrence déloyale

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Bruxelles : Macron annonce un accord franco-allemand sur l’automobile et plaide pour une Europe plus protectrice

AA / Istanbul / Ayse Bashoruz

Le président français Emmanuel Macron a mis en avant, vendredi 16 octobre à Bruxelles, trois priorités stratégiques pour l’Union européenne : la poursuite de la décarbonation, le renforcement de la protection commerciale et la défense de l’industrie automobile européenne.

Le président français a également réaffirmé le soutien de l’Europe à l’Ukraine face à la Russie.

Le chef de l’État a notamment annoncé un accord entre la France et l’Allemagne sur l’automobile, visant à donner une orientation au secteur, à introduire des flexibilités et à renforcer la préférence européenne.

« On a acté un accord qui va permettre d’avancer », a-t-il déclaré, estimant que cette entente contribuerait à protéger une industrie particulièrement exposée à la concurrence déloyale.

- Une politique commerciale européenne plus protectrice

Macron a présenté les conclusions des discussions comme une évolution importante de la politique commerciale européenne, défendue par la France depuis plusieurs années.

« Une politique commerciale nouvelle européenne » doit notamment intégrer la sécurité économique et la protection des entreprises face à la concurrence déloyale, a-t-il affirmé.

Le président français a cité plusieurs secteurs appelés à bénéficier d’une attention accrue, notamment la chimie, les plastiques et les ferroalliages. Il a rappelé que des mesures avaient déjà été engagées dans le secteur des véhicules électriques, tout en soulignant que l’absence de consensus européen avait jusqu’ici limité la portée de cette démarche.

Macron a attribué cette évolution au rapprochement entre Paris et Berlin, évoquant une convergence franco-allemande consolidée en juillet et formalisée dans un document commun quelques semaines auparavant.

- Automobile : préférence européenne et flexibilités

L’accord franco-allemand sur l’automobile constitue, selon Emmanuel Macron, une autre avancée majeure des discussions. Il doit permettre de soutenir le secteur, notamment à travers des mesures en faveur des petits véhicules, des flexibilités et une préférence européenne présentée comme un instrument de renforcement de la production industrielle.

Le président français a toutefois précisé que ces orientations devaient encore être traduites en mesures concrètes au niveau de l’Union européenne. « Maintenant, on va tout faire pour la traduire en acte », a-t-il déclaré.

- Énergie : maintien de la décarbonation

Macron a réaffirmé la volonté de maintenir la décarbonation comme orientation stratégique européenne. Il a estimé que cette politique était nécessaire pour respecter les engagements climatiques de l’Union et renforcer sa souveraineté.

« Nous ne deviendrons pas des producteurs d’hydrocarbures », a-t-il déclaré, défendant la poursuite de la transition énergétique et de l’électrification.

Le président français a également insisté sur la nécessité d’adapter la mise en œuvre de cette stratégie aux différences entre les modèles nationaux.

Il a notamment évoqué l’utilisation des recettes du système européen d’échange de quotas d’émission (ETS) pour accompagner les pays et les secteurs les plus sensibles aux transformations économiques.

- Marchés de capitaux : une échéance fixée à la fin de l’année

Le président français a également souligné les progrès réalisés concernant l’union des marchés de capitaux. Il a indiqué qu’un accord avait été trouvé quelques jours auparavant entre les ministres européens de l’Économie et des Finances et a appelé à finaliser la procédure d’ici à la fin de 2026.

Macron a insisté sur l’importance d’une supervision européenne des acteurs de marché, ainsi que sur les avancées attendues en matière de titrisation et de compétitivité bancaire.

Il a par ailleurs mentionné le projet de « 28e régime » en droit des sociétés, présenté comme un objectif à court terme pour renforcer la compétitivité européenne.

- Ukraine : Macron réaffirme le soutien européen

Le président français a réaffirmé la détermination des Européens à poursuivre leur soutien à l’Ukraine à l’issue de ses échanges avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, rencontré en tête-à-tête jeudi soir puis collectivement vendredi.

« Nous ne lâcherons pas l’Ukraine et les Ukrainiens », a déclaré Macron, estimant que la guerre engagée par la Russie constituait un enjeu majeur pour la sécurité européenne et le respect des principes internationaux.

Sur le plan militaire, il a évoqué l’accélération de nouvelles livraisons françaises de missiles et d’autres capacités, ainsi que le renforcement de la coopération dans les domaines des drones et de la défense antimissile.

Il a également annoncé la poursuite des discussions visant à accélérer les autorisations permettant la production de certaines capacités militaires sur le territoire ukrainien.

Le chef de l’État a enfin mentionné un nouveau versement annoncé par la Commission européenne pour soutenir l’Ukraine.

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