- L’organisation, qui avait dénoncé en septembre 2025 le rôle de quinze entreprises dans les crimes commis à Gaza, cite des informations d’Urgence Palestine et du Palestinian Youth Movement
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
Amnesty International a relayé jeudi des informations selon lesquelles un vol Air France au départ de Roissy devait transporter des composants français destinés au fabricant d’armes israélien Elbit Systems.
Dans un message publié sur la plateforme sociale américaine X, l’organisation indique que le départ était prévu ce jeudi à 9 h 35, citant Urgence Palestine et le Palestinian Youth Movement comme sources des informations concernant la cargaison.
Amnesty met en cause le rôle d’Elbit Systems, affirmant que l’entreprise contribue depuis trois ans au génocide commis par Israël à Gaza.
La présence des composants à bord de l’appareil et leur destination n’ont toutefois pas pu être confirmées de manière indépendante.
Air France a déclaré ce jeudi au média français franceinfo ne transporter ni armes ni munitions sur ses vols à destination d’Israël. La compagnie a également assuré n’avoir aucune réservation correspondant à ce type de marchandises.
- Elbit Systems déjà cité dans un rapport d’Amnesty
Cette alerte intervient un an après la publication par Amnesty d’un rapport consacré aux entreprises qui contribuent, selon l’organisation, aux crimes internationaux commis par Israël contre les Palestiniens.
Présenté dans une publication du 18 septembre 2025, le rapport « Mettre fin à l’économie politique qui permet les crimes d’Israël » identifie quinze entreprises, principalement dans les secteurs de l’armement et des technologies de surveillance.
Parmi elles figurent Elbit Systems, Rafael Advanced Defense Systems et Israel Aerospace Industries. Amnesty estime que des équipements fournis par ces groupes, notamment des drones et des munitions, contribuent à l’occupation illégale du territoire palestinien, à l’apartheid et au génocide à Gaza.
L’organisation cite également Boeing pour des bombes et des kits de guidage utilisés lors de frappes qu’elle qualifie d’illégales. Elle met en cause Lockheed Martin pour la fourniture et l’entretien des avions de combat F-16 et F-35 employés par l’armée israélienne.
- Un appel à cesser les transferts d’armes
Amnesty demande aux États et aux entreprises d’interrompre les transferts d’armes et de technologies de surveillance vers Israël.
Elle préconise également l’arrêt des investissements, des échanges commerciaux et des coopérations publiques avec les entreprises mises en cause, tant que celles-ci ne démontrent pas que leurs activités ne risquent plus de contribuer à des crimes internationaux.
L’ONG souligne enfin que les entreprises doivent respecter les droits humains et que leurs dirigeants peuvent, selon les juridictions compétentes, être poursuivis pour complicité dans des crimes internationaux.
Pour rappel, depuis octobre 2023, plus de 74 000 Palestiniens ont été tués et plus de 175 000 blessés à Gaza dans les opérations israéliennes, qualifiées de « génocide » par le ministère palestinien, soutenu par plusieurs organisations internationales indépendantes. Environ 90 % des infrastructures de l’enclave ont été endommagées ou détruites.
Sur la même période, les forces israéliennes et les colons ont intensifié leurs attaques en Cisjordanie occupée, où 1 210 Palestiniens ont été tués, environ 13 350 blessés et plus de 24 600 arrêtés.
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